Trouvé sur le blog de Sophie Lit, cette réponse de l'éditeur Philippe Milbergue.

Je cite les sources de cet article donc, j'espère que l'un (Philippe Milbergue) et l'autre (Sophie Adriansen) ne m'ont iendront pas rigueur.  Je les ai prévenus, seule Sophie pour le moment m'a donné son accord et je l'en remercie.

 

en réponse à Sophie Adriansen:

 

Enfin, le plus souvent. Bien sûr, je l’ai déjà fait. Et plusieurs fois avec bonheur, dans des genres différents. Mais les bons textes auto édités sont des aiguilles dans la botte de foin de la production globale. Et puis mon œil, qui souffre déjà trop des coquilles subsistant dans les textes relus et corrigés (combien […]

 

Bonjour,
J’ai lu avec intérêt votre article et je comprends parfaitement votre point de vue. Vous avez raison d’affirmer vos choix et personne ne peut vous forcer à lire, ou à ne pas lire, tel ou tel ouvrage. C’est la moindre des choses, non ? Vous seriez salariée d’un groupe de presse lui-même dépendant d’un groupe d’édition, vous devriez certainement avoir des lectures, voire des écritures obligatoires. Mais ce n’est pas le cas et vous faites, heureusement, ce que vous voulez.
Ceci étant, je ne suis pas certain « que le système est rodé, que le tamis fonctionne, qu’un bon texte jamais ne passe à la trappe – si tant est que son auteur se donne la peine de trouver l’éditeur, le seul peut-être (la maison, ou la personne) qui saura le considérer à sa juste valeur. » comme vous l’écrivez. D’abord, il faudrait que « l’auteur » connaisse l’ensemble des champs des possibles, ce qui est, admettons-le, compliqué. Le plus souvent, la rencontre d’un texte et d’un éditeur est le fruit du mariage de la ténacité et du hasard. Ensuite, les maisons d’éditions, grandes ou petites, sont submergées par les manuscrits reçus, elles ne les lisent plus, ou guère, même les petites, et, si vous regardez les chiffres de l’éditions, moins d’une trentaine de nouveaux auteurs sont publiés par an dans les maisons d’édition ayant un circuit de distribution (car nous pourrions aussi parler de la distribution du livre, ce sujet permettrait d’aborder les livres morts-nés que certains éditeurs « classiques » ne publient que pour avoir les droits sur la production de tel ou tel auteur, mais c’est un autre sujet).
Le « système » de l’édition qui prévaut aujourd’hui date du milieu du XIXème siècle, lorsque les auteurs, jusqu’alors très souvent auto-édités : Rimbaud, Verlaine, Diderot, Voltaire, Molière, Racine. Beaumarchais, Hugo… traitaient directement avec les imprimeurs – libraires souvenez-vous. Il est totalement obsolète aujourd’hui où l’écrivain n’est plus rentier (Gide, Flaubert, Proust… La liste est longue ;-) ). L’écriture, technique, narrative ou poétique, est devenu un métier. Traditionnellement, les auteurs étaient embauchés par les éditeurs (à-valoir, contrat de suite, voire « embauche » réelle comme directeur de collection ou lecteur). C’est cela qui évolue, me semble-t-il. L’économie de livre mute et, grâce notamment, à l’édition numérique, elle s’ouvre d’un côté à des auto-entrepreneurs, qui n’essayent même pas d’entrer dans le « monde » de l’édition traditionnel puisqu’ils le savent bouché, et elle ferme d’un autre côté des librairies, des imprimeries, voire des maisons d’édition.
En 2015, le marché de l’auto-édition était estimé à 52 Milliards de dollars, juste pour les États-Unis, soit un marché deux fois plus important que le marché traditionnel (source ActuaLitté). l’article poursuivait ainsi : « Cependant, devant la masse de manuscrits que les maisons d’éditions reçoivent, il y a forcément des ratés, des livres de grande qualité qu’il faudrait certainement publier. »
Alors l’auto-édition l’avenir du livre ou l’avenir de la littérature ? Beau sujet de dissertation.
Pour ma part, je suis trop vieux pour me lancer dans ces nouvelles aventures. Pour avoir été éditeur, je sais trop bien l’engagement nécessaire pour défendre un livre, que ce soit le sien ou celui d’un autre. Je préfère continuer à publier chez des « éditeurs », quelque soient les difficultés d’accès à « l’éditeur qui saura considérer (mon manuscrit) à sa juste valeur ». mais l’auto-édition n’est en rien une « poubelle » de l’édition traditionnelle. C’est juste un nouveau modèle où se distingueront, avec le temps, les bons des mauvais artisans.
Enfin, juste pour finir, il me souvient une enquête faite auprès des « grands » éditeurs où il ressortait que Proust ne serait pas publié aujourd’hui : Trop long.
Mais, là aussi de mémoire, je crois bien que le premier tome de la Recherche a été refusé par Gallimard et que Proust l’a publié à compte d’auteur… Oui. en fait, j’en suis sûr… comme quoi ;-)

PS : Désolé pour les fautes et autres coquilles mais ma correctrice est en vacances 8-)

(Ps : J'ai corrigé deux petites coquilles.)

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