mercredi 30 mai 2012

UN SOUFFLE SUR LES BRAISES de Liza Lo Bartolo

 

 

 
 
 
 
Un souffle sur les braises : Roman à clés qui nous ouvre les portes d’une époque : celle de l’après-guerre. Dans un village breton, Maryline a fait les frais de la collaboration horizontale. Mise au ban de la société, elle a vécu dans une cave avec Guillaume/Wilhem le fils de la honte. Elle n’a pas survécu à la méchanceté de l’Homme. Elle a péri par le feu. Seul un cahier, véritable trait d’union entre le passé et l’avenir, a traversé le temps. Un cahier qui va aider son fils à grandir et à mener sa vie d’homme dans la patrie de son père.
 
La mémoire est sélective. Certains pardonnent mais n’oublient jamais et l’histoire se déroule tel le fil d’Ariane durant des générations.
 
Il aura suffit d’un souffle sur des braises encore incandescentes pour que les bourreaux soit châtiés mais à quel prix ?
 

 

*****
 
Une longère du 17ème siècle dans un bourg du Morbihan /1944
 
 
 
« En ce temps-là, pour ne pas châtier les coupables, on maltraitait les filles.
 
On alla même jusqu’à les tondre.
 
Comprenne qui voudra
 
Moi mon remords ce fut
 
La malheureuse qui resta
 
Sur le pavé »

 

Ces quelques vers de Paul Eluard illustrent la première partie du roman. Maryline est condamnée par tout un village, des résistants de la dernière heure pour collaboration avec l’ennemi. Battue, humiliée, tondue parce qu’elle a aimé un homme. Cet homme, un allemand de la Wehrmacht dont elle attend un enfant.


La lecture du châtiment suffit alors à caractériser la « tondue », elle est punie dans son corps, c'est donc son corps qui est coupable. La destruction d'un des attributs de la séduction - la chevelure - implique ce que les contemporains appellent la « collaboration horizontale ».

Les mises en scène du corps de la tondue qu'elles décrivent peuvent être résumées à trois fonctions distinctes. Ce corps est, successivement ou simultanément selon les cas, image de la faute, image de châtiment et, ce qui n'est pas le moindre des paradoxes, image positive d'une reconstruction.

 

Durant six années, Maryline va vivre avec son enfant en recluse dans une cave. Son mari, prisonnier de guerre est mort de maladie. Jeanne-Marie sa belle-mère sera sa seule alliée, rempart contre la méchanceté, la veulerie d’un beau-père de plus en plus violent et alcoolique. Ecrire son amour pour transcender sa peine et laisser une trace de son histoire à son fils.
 
Malheureusement un terrible drame ne lui permettra pas de retrouver son amour MAIS il suffit d’un souffle sur les braises de l’enfer pour que le passé ressurgisse…

 

*****

 

La longère de nos jours (deuxième partie)

 

« La victime raisonnable
À la robe déchirée
Au regard d’enfant perdue
Découronnée défigurée
Celle qui ressemble aux morts
Qui sont morts pour être aimés »
 
 

Aurélie et Pierre-Yves vont devenir les nouveaux propriétaires de cette imposante bâtisse du 17ème siècle. Intuition féminine développée, imagination débordante ou faisant preuve d’un véritable don de clairvoyance, Aurélie va au fil des pages prendre le lecteur à témoin. Au travers de multiples découvertes, s’aidant des archives et suivant Marylou véritable double de Maryline ou mystificatrice patentée, elle va peu à dénouer le fil d’une vengeance transgénérationnelle.

Une fille faite pour un bouquet
Et couverte
Du noir crachat des ténèbres
Une fille galante
Comme une aurore de premier mai
La plus aimable bête
Souillée et qui n’a pas compris
Qu’elle est souillée
Une bête prise au piège
Des amateurs de beauté
Et ma mère la femme
Voudrait bien dorloter
Cette image idéale
De son malheur sur terre.
 
(Paul Eluard 1944,  Au rendez-vous allemand)


J'ai beaucoup aimé ce roman. L'auteur  tient le lecteur en haleine... Liza Lo Bartolo Bardin fait preuve d'une grande empathie même si le personnage de Maryline est malmené. La documentation est riche et bien amenée. Cette histoire a le mérite de mettre au grand jour un sujet toujours douloureux pour ceux qui ont longtemps été considérés comme les enfants de la honte.

Liza Lo Bartolo  a obtenu pour ce roman la médaille d'or du concours littéraire international des ateliers d'Art de Servon sur Vilaine (35)

"Un souffle sur les braises" 15€

commande par mail à

GarrigueEditions @ outlook.com

(si vous copiez-collez cette adresse, merci d'enlever les espaces avant et après l'arrobas)

ou

contacter l'auteur sur ce blog en page d'accueil